Les éditions Octoquill ont lancé un challenge sur tout le mois d’octobre. Le but est d’écrire une micro-fiction, de créer un dessin et/ou de faire un montage vidéo sur un thème donné. Il y a 31 thèmes, un pour chaque jour du mois. Vous trouverez plus d’informations ICI.
J’ai décidé de participer à ce challenge – à mon rythme – et de vous proposer mes textes en lecture gratuite. Ces textes sont bruts, relus et corrigés qu’une ou deux fois, donc définitivement imparfaits.

Thème jour 4 : Personne ne répond

Personne ne répond

Je ne sais pas comment je suis arrivée ici. Je n’ai plus aucun souvenir. Je tourne sur moi-même, mes yeux essayant de se connecter à quelque chose, n’importe quoi. De se poser sur une forme, un je-ne-sais-quoi de représentatif, mais ils ne remarquent rien. Parce que les lieux ne sont que brume et que la brume n’est que nuage. Je ne discerne rien à part des nuances de gris.
J’ai effectué un tour complet. Je me dis que je devrais être effrayée, mais je ne ressens aucune peur. Au contraire, c’est comme si un calme profond s’est installé en moi ; un calme que j’ai toujours cherché à atteindre et que je n’ai jamais effleuré. Aujourd’hui, seule au milieu de nulle part, ne sachant pas où je me trouve, ni pourquoi, ni comment je suis arrivée là et comment je vais en sortir, complètement aveugle de tout, je reste sereine et posée.

Je décide d’avancer d’un pas, puis d’un autre et d’encore un. Je fends la brume qui caresse ma peau à moitié dénudée avec douceur. Je regarde mes bras et la chair de poule qui s’y est formée. Pour ça non plus je ne ressens rien : pas le froid qui est censé l’accompagner, ni le glacé qui aurait dû imprégner mes pores.
Je relève la tête progressivement, une lenteur m’a gagné. Tous mes gestes sont patients, mes pensées également. Je cligne des yeux et je perçois le mouvement. J’ouvre les doigts, offre mes paumes à la brume et souris lorsque la douceur des ombres vient me caresser. Elles me prennent les mains et me dirigent. C’est une invitation et je l’accepte volontiers.
Il me semble distinguer des formes, deviner des lignes. Je plonge mes yeux dans les ondulations de la brume. Le gris paraît plus sombre, plus épais, se mouvoir avec plus de nonchalance. Je suis intriguée :
— Qui êtes-vous ? Questionnais-je.
Personne ne me répond, et ça m’est égal. Je comprends que je veux juste suivre, me rendre où l’on me mènera. Avec mes deux guides, un à ma droite, un à gauche, j’avance et suis le chemin qui m’est tracé. Dans la brume, plus vraiment seule, je marche vers mon silence.

Péléane

J’espère que cette nouvelle vous aura plu, je vous retrouve vite pour la suite,

Péléane.


Octoquill (a French publisher) has launched a challenge running throughout October. The goal is to write a piece of micro-fiction, create a drawing, and/or make a video montage based on a specific theme. There are 31 themes—one for each day of the month. You can find more information HERE (in French).
I have decided to participate in this challenge – at my own pace – and to offer you my texts for free reading. These are raw drafts, proofread and corrected only once or twice, so they are definitely imperfect.

Day 3: No one answers

No one answers

I don’t know how I got here. I have no memory left. I spin around, my eyes trying to connect with something—anything. To settle on a shape, some recognizable feature, but they find nothing. Because the place is nothing but mist, and the mist is nothing but cloud. I can make out nothing but shades of gray.
I completed a full circuit. I tell myself I should be scared, but I feel no fear. On the contrary, it is as if a profound calm has settled within me—a calm I had always sought to reach but never even grazed. Today, alone in the middle of nowhere—with no idea where I am, why or how I got here, or how I will get out, completely in the dark about everything—I remain serene and composed.

I decide to take a step forward, then another, and yet another. I cut through the mist that gently caresses my half-bared skin. I look at my arms and the goosebumps that have risen on them. I feel nothing there, either: not the cold that ought to accompany them, nor the chill that should have seeped into my pores.
I gradually raise my head; a slowness has overcome me. Every movement is patient, as are my thoughts. I blink my eyes and I perceive the movement. I open my fingers, offer my palms to the mist, and smile as the softness of the shadows caresses me. They take my hands and guide me. It is an invitation, and I accept it willingly.
I seem to make out shapes, to discern lines. I gaze into the swirling mist. The grey appears darker, thicker, moving with more nonchalance. I am intrigued:
« Who are you? » I ask.
No one answers me, and I don’t mind. I realize I simply want to follow, to go wherever I am led. With my two guides—one on my right, one on my left—I move forward, following the path laid out for me. In the middle of the mist, no longer truly alone, I walk toward my silence.

Péléane

I hope you enjoyed this short story. I’ll see you soon for the next one,

Péléane.

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